Avant d’avoir un enfant, j’avais des préjugés sur les bébés, notamment :

  • ils dorment comme des anges
  • il faut leur donner des bonnes habitudes

Naturellement, j’ai dû me remettre en question à la naissance de ma fille. Et comment !

Dormir comme un bébé, voilà bien une expression qui prête à confusion !

Pendant ses premiers mois, ma fille s’endormait en sommeil agité (comme tous les bébés) : mouvement des pieds et des mains, respiration irrégulière, j’avais l’impression qu’elle entrait chaque nuit dans un monde angoissant. Et ces petits cris que je trouverais maintenant ultra-mignons, à l’époque je me demandais si elle avait un problème. J’ai appris par la suite que c’est la façon normale dont tous les bébés s’endorment : ouf !

 

Et les habitudes !

 J’étais persuadé que pour bien élever un enfant, il devait suivre des rituels tous les jours à la même heure !

Mais pendant ses premiers mois, le sommeil de ma fille était tellement irrégulier et imprévisible que j’étais complètement perdu. Comment on fait pour donner des habitudes à un enfant qui ne se réveille jamais à la même heure ? Quand chaque jour est différent du précédent ?

Pourtant, tous les sites internet sur la parentalité disent qu’il faut proposer des rituels à son enfant. Et qu’il faut répéter la même chose tous les jours à la même heure…

Mon enfant est-il différent ? Ou bien sommes-nous des parents incapables ?

Non non, rien de tout ça.

Je voudrais partager avec vous ce que j’ai appris depuis, notamment grâce à Isabelle Filiozat (« J’ai tout essayé ») et Catherine Gueguen (« Pour une enfance heureuse »).

Pourquoi un rituel d’endormissement ?

 

L’endormissement est un moment d’angoisse et de séparation pour l’enfant. Pour s’assoupir dans de bonnes conditions, il a besoin d’un environnement calme et sécurisant.

Le rituel est utile grâce à :
  • la répétition  : l’enchaînement de certaines actions, toujours dans le même ordre, permet à l’enfant de savoir ce qui va se passer ensuite. Il se sent donc en terrain connu, il est serein
  • l’association de ces actions avec l’état de somnolence : à partir du moment où l’habitude est ancrée, cela permet de suggérer à l’enfant que c’est le moment de dormir. Cela ne marche bien sûr que si l’enfant est fatigué, calme et que ses besoins fondamentaux sont satisfaits.

Les 4 erreurs que nous avons souvent commises

Comme tous les parents, nous nous sommes souvent trompés en accomplissant notre rituel. Voici nos principales déconvenues (que nous avons parfois bien rattrapées, parfois non).

 

Démarrer le rituel alors que notre fille est absorbée dans une activité

Nous avons plusieurs fois essayé de coucher notre bébé alors qu’elle n’était visiblement pas prête : non seulement elle ne montrait pas de signes de fatigue, mais elle était concentrée sur un jeu (ce qui est un signe supplémentaire qu’elle n’était pas fatiguée).

 

Voici un exemple : Ce soir-là, nous avions décidé que notre fille devait s’endormir à une certaine heure. Mais à l’heure dite, elle était en pleine forme et en pleine action de jeu avec ses doudous : elle les soignait avec une crème imaginaire 🙂 ! Nous l’avons donc interrompue : quelle erreur ! Colère et pleurs… Il nous a fallu plus d’une heure pour lui faire retrouver son calme.

Oublier les besoins naturels

Nous avons mis en place l’hygiène naturelle infantile depuis sa naissance, donc elle a l’habitude de nous demander le pot quand elle a envie. Mais le soir, mieux vaut prendre les devants pour assurer un coucher serein. Problème : il m’est très souvent arrivé d’oublier de lui proposer de faire pipi avant le rituel.
 
 
Je m’en suis mordu les doigts à chaque fois, car elle avait tout le temps besoin d’y aller à la fin du rituel, ce qui la réveillait et repoussait souvent le moment du coucher de plus d’une demi-heure. 

Essayer de la coucher alors qu’elle est inquiète

L’idée est que nous avons bien du mal, enfants comme adultes, à trouver le sommeil si nous sommes angoissés. Malheureusement, un bébé va rarement s’exprimer spontanément sur le sujet. Si vous détectez une agitation inhabituelle, ou au contraire une apathie exceptionnelle chez votre enfant, utilisez vos qualités de détective pour rassembler les indices sur leur cause, puis abordez le sujet avec votre bébé. Cela marche même s’il ne sait pas parler, si si !
 

 

Un soir d’orage, elle était grognon au moment du coucher. Même à la fin du rituel, elle était tantôt excitée, tantôt statique, les yeux grands ouverts. Elle était visiblement fatiguée mais ne trouvait pas le sommeil. Cela a duré un bon moment, et je commençais à perdre patience, lorsque je lui ai demandé si elle avait peur de l’orage.
Elle est passé du mode hyperactif au mode attentif, et a répété les mots « peur » et « orage » plusieurs fois pour dire oui. J’ai accueilli ses sentiments, puis essayé de la rassurer. Elle s’est calmée, m’a fait un énorme câlin, puis elle s’est endormie comme une fleur dans son lit.
 

 

Elle se réveille la nuit parce que je suis inquiet

En tant que parent, mon humeur et mes émotions sont ressenties de plein fouet par mon enfant, surtout si elle n’a pas d’explications.
Voici l’histoire de la première fois où nous avons identifié cette situation (il y en a certainement eu d’autres que nous avons ratées), et nous avons mis beaucoup de temps à réagir.

 

Vers 20 mois, notre fille s’est à nouveau réveillée plusieurs fois par nuit, alors qu’elle faisait des nuits complètes depuis ses 18 mois. C’était au moment où ma femme et moi étions très stressés par un conflit avec les artisans qui ont construit notre maison. Il nous a fallu plusieurs jours pour nous rendre compte à quel point notre anxiété impactait notre fille. Et encore plusieurs autres jours pour penser à lui en parler. Nous avons inclus dans le rituel des explications sur notre état de stress, et cela a permis de diminuer le nombre de réveils. 
 

 

Comment réussir son rituel ?

Bien entendu, il n’y a pas de solution miracle qui marche pour tout le monde.
Je voudrais donc vous proposer les clés qui vous permettront de trouver vous-mêmes ce qui convient à vous et votre enfant.

 

1. Se détacher des horaires

En particulier pendant la phase de mise en route du rituel, il est bien difficile d’espérer coucher son enfant tous les jours à la même heure.
 

 

Je voudrais vous proposer un autre objectif : coucher votre enfant quand il en a besoin.
 

Cela vous permet de faire un rituel relativement court (10 à 30 minutes max), et d’espérer un endormissement rapide. 

Quand on essaie de coucher un bébé qui n’est pas prêt à dormir, il est frustré qu’on l’arrête dans ses activités, il voudrait bien continuer à vivre sa vie tranquillement.
 

Résultat, il s’énerve. Il pleure. 

Et quand vient le moment où il est réellement fatigué, il n’est ni calme, ni serein, et peine à trouver le sommeil.
 

 

Mais comment détecter le bon moment pour coucher un bébé ?
 

 

2. Détecter les signes de fatigue

Dès que votre bébé montre certains des signes suivants, vous pouvez arrêter l’activité en cours (en douceur, avec l’accord de votre bébé) et commencer le rituel :
  • il a un regard fixe
  • sa tête dodeline, ballotte pour trouver appui
  • il baille
  • il se frotte les yeux ou les oreilles
  • il se désintéresse des jeux ou des personnes, même de vous
  • il grogne ou geigne
  • il se met dans une position favorable au sommeil : en « boule » ou en « grenouille »
Dans un monde idéal (pour les parents !), dès que votre bébé montre des signes de fatigue, vous le posez au lit et il s’endort.

 

Malheureusement, cela ne se passe pas toujours ainsi…

 

3. Répondre aux besoins fondamentaux 

En effet, un enfant a besoin de satisfaire ses besoins fondamentaux pour s’endormir sereinement.

 

Il ne s’agit pas d’envies, de désirs ou de caprices, mais bien des besoins destinés à combler une exigence de l’organisme, et nécessaires à son épanouissement.
 

 

Tout le monde pense immédiatement aux besoins physiologiques :
  • avoir mangé à sa faim et bu suffisamment pour étancher sa soif
  • avoir satisfait les envies de pipi et caca, et avoir la couche propre et sèche
  • être à la bonne température : porter un pyjama et/ou une turbulette adaptés à la température de la chambre, idéalement entre 18 et 20°C.
Mais il y a aussi de nombreux besoins d’ordre psychologique et affectifs, comme les besoins de communiquer, d’apprendre, de jouer, d’explorer, ou encore d’être apprécié.
 

 

Au moment du coucher, les besoins affectifs les plus importants sont :
  • le besoin d’accompagnement : par sa présence rassurante, le parent accompagne son enfant dans l’endormissement
  • le besoin d’attention : l’enfant doit savoir que nous sommes à son écoute et que son bien-être est important pour nous.
  • le besoin d’être aimé de manière inconditionnelle : l’enfant a besoin de remplir son réservoir d’amour (Isabelle Filiozat). Des mots comme « je t’aime », « j’aime vivre avec toi » ou « je suis heureux de t’avoir pour fils/fille » sont des mots qui font du bien.
Le contact physique permet aussi de répondre à nombre de ces besoins affectifs. Par exemple toucher, embrasser, caresser, câliner, … Toutes ces attentions libèrent chez l’enfant comme chez le parent de l’ocytocine, cette hormone qui détend et donne une sensation de sécurité et de bonheur. 
 

 

4. Adapter le rituel à l’âge de l’enfant

Vous l’aurez compris au début de cet article, il est souvent bien difficile de proposer des habitudes bien établies avant 2 ou 3 mois.
 

Pour un nouveau-né, le rituel se résume souvent à enfiler une turbulette, fermer les volets, faire des câlins, se mettre au lit et chanter une berceuse.

 
Mais vers 1 ou 2 ans, l’enfant va attacher de plus en plus d’importance aux livres et aux histoires avant de se coucher. Bien entendu, vous sélectionnerez avec précaution les livres qui traînent près du lit :
  • préférez des histoires calmes et réconfortantes
  • évitez de stresser votre enfant avec des histoires qui l’excitent ou qui font peur : monstres et histoires d’abandons sont à proscrire pendant les premières années
  • l’idéal est bien entendu de choisir des livres qui parlent d’amour ou de sommeil.
    Mes livres préférés sont :
    • « Mon amour » d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, sur l’amour inconditionnel. Ma fille l’adore !
    • « Bonne nuit mon tout-petit » de Soon-Hee Jeong. Tiré d’une berceuse populaire coréenne, de jolis dessins montrent une succession d’animaux endormis : effet somnolent garanti !
Le moment du bain va aussi certainement évoluer avec l’âge : tant que le bain est un facteur apaisant, vous avez intérêt à le placer juste avant le rituel d’endormissement.
Mais si votre enfant n’aime pas le bain, ou s’il en sort surexcité, vous avez clairement intérêt à l’organiser à un autre moment de la journée.
 
 
 

5. Choisir un rituel qui vous plaît, à vous !

 
Vous allez répéter ce rituel des centaines de fois, donc il est très important que vous le fassiez avec plaisir. C’est important pour votre bien-être, mais aussi pour votre enfant : plus vous serez serein et plus vous pourrez déployer vos qualités de charmeur d’enfant.

 

Voici quelques exemples :
  • Vous n’êtes pas à l’aise pour chanter une berceuse ? Alors racontez une histoire. L’important est que votre bébé entende votre voix apaisante.
  • Vous détestez les câlins ? Alors préférez les caresses
  • Vous bloquez sur les mots « je t’aime » ? Alors posez votre main sur celle de votre bébé et faites lui sentir à quel point vous l’aimez
Bref, laissez libre cours à votre créativité pour que vos besoins et ceux de votre enfants soient satisfaits en même temps.

6. Adopter un comportement décroissant

 

Si le rituel commence à durer trop longtemps à mon goût, si mon enfant ne s’endort pas comme je le voudrais, il arrive que ça m’énerve. Que mes gestes et ma voix s’accélèrent. C’est le moment où je dois laisser le relais à ma femme, car un tel agacement chez l’adulte n’aide pas du tout l’enfant à trouver le calme et s’endormir.

 
En effet, le rituel d’endormissement est une transition entre l’état de veille et le sommeil. Entre l’action et le repos. Entre la journée et la nuit.
 

Pour permettre un accompagnement en douceur entre ces deux états, l’idéal est de montrer l’exemple. Vous souhaitez que votre enfant s’apaise et ralentisse son rythme, donc faites-le vous aussi.

 
 
Ralentissez vos gestes. Parlez de moins en moins fort, de moins en moins vite, avec une voix de plus en plus grave. Votre enfant sera sensible à cette vague de zénitude et se laissera emporter dans les bras de Morphée. Vous pouvez par exemple démarrer une histoire ou une chanson à vitesse normale, et terminer en mode ultra-doux.
 
Personnellement, à chaque fois que je chante une berceuse en ralentissant le rythme au fur et à mesure des couplets, cela me fait bailler de plus en plus. Et bien entendu, ma fille m’imite et cela lui donne envie de dormir.
 
 

L’utilisation du rituel

Comme je le détaille dans le bonus gratuit « Comment faire dormir bébé : 6 méthodes bienveillantes issues de la recherche », la mise en place d’un rituel se déroule en deux étapes :
  • l’association : vous ne démarrez le rituel que lorsque votre bébé est déjà un état somnolent, pour qu’il associe dans son esprit le rituel avec cet état propice à l’endormissement
  • puis l’utilisation : une fois que le rituel est bien ancré (au moins pendant 10 jours), vous pouvez l’utiliser pour suggérer à votre enfant que c’est le moment de dormir
 

Conclusion

Bien entendu, le rituel n’est pas magique : il ne fera pas dormir en 10 minutes un enfant surexcité, ou qui a fait une sieste une heure avant. Mais il vous permettra de stabiliser l’heure du coucher, ou bien de la décaler de quelques minutes tous les jours. C’est bien utile pour se dégager un moment de tranquillité en couple le soir après le coucher de bébé !
 
 
Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans vos rituels d’endormissement avec vos enfants : c’est un vrai moment de partage et d’amour. Savourez-le !
 
 
Et je suis bien curieux de connaître vos idées de rituels : comment faites-vous pour endormir votre bébé ?

Emmanuel

Je suis fan de chocolat, de Jean-Jacques Goldman et de ballades en pleine nature.

J’adore aussi câliner ma fille et décortiquer les études scientifiques sur le sommeil bébé et le bonheur en famille.

Mais je n’ai encore rien trouvé sur comment le chocolat peut nous aider à devenir de meilleurs parents smile … aidez-moi !

 

 

 

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