Juste avant la naissance de ma fille, nous avons reçu en cadeau un lit à barreaux en bois. Ce vénérable meuble était dans la famille depuis plusieurs générations.
 
Mes parents nous ont gentiment aidé à le remettre en état. Mais quand ma chérie et moi avons décidé de le transformer en lit ouvert, ils n’ont pas compris.
 
Les réflexions de mes parents nous ont fait douté : pas facile de répondre à « Votre fille va tomber du lit sans arrêt » ou « quand on met un enfant au lit, ce n’est pas pour qu’il en sorte 2 minutes après » quand on n’a pas encore eu d’enfant…
 

Pourquoi un lit Montessori ? (= lit ouvert au sol)

Un lit Montessori, c’est tout simplement un lit auquel un enfant peut accéder seul. Il tire son nom de la pédagogue Maria Montessori (1870-1952), connue pour sa méthode d’éducation à vocation scientifique.

Les fondements de la pédagogie Montessori

Le principe le plus connu de sa pédagogie est « apprends-moi à faire seul« , dans le sens où l’autonomie est la clé de l’épanouissement.
 
L’un des piliers de cette pédagogie est le respect de l’enfant comme personne humaine : « Il ne s’agit pas d’abandonner l’enfant à lui-même pour qu’il fasse ce qu’il veut, mais de lui proposer un milieu où il puisse agir librement » (Préface à la Pédagogie scientifique).
 
Dans son livre « Apprends-moi à faire seul », Charlotte Poussin explique l’enchaînement de la pensée Montessorienne sur la liberté :
 

Que pensait Maria Montessori des lits à barreaux ?

Après cette courte introduction à la pédagogie Montessori, revenons sur notre sujet : le lit ouvert au sol.
Maria Montessori avait des mots très durs sur les lits à barreaux :
« Le lit des enfants qui savent déjà se mouvoir seuls est une hérésie. […]
 
Ce qu’on appelle le lit d’enfant est la première prison qu’offre la famille à ces être qui luttent pour leur existence intellectuelle.
 
La haute cage de fer (quoiqu’elles sont plus en bois de nos jours) dans laquelle les parents les font descendre pour trouver le gîte forcé est à la fois une réalité et un symbole.
 
Les enfants sont les prisonniers d’une civilisation construite exclusivement par l’adulte pour le bien de l’adulte, qui se resserre toujours davantage, ne laissant à la liberté de l’enfant qu’un espace progressivement réduit.
 
Le lit de l’enfant est une cage surélevée afin que l’adulte puisse manier l’enfant sans avoir le mal de se baisser ; il peut ainsi ainsi abandonner cet être qui, sans doute, va pleurer, mais ne se blessera pas. »
 
Vous l’aurez compris, permettre à son enfant d’entrer et sortir de son lit quand il le souhaite est fondamental pour Maria Montessori.
 
Mais ce n’est pas seulement une question de liberté.
Pour tous, enfants comme adultes, considérer son propre lit comme un lieu accueillant et sécurisant est indispensable pour s’endormir facilement. Et ce n’est pas donné si on s’y sent comme dans une prison…
 

Comment installer un lit Montessori ?

Recommandations historiques

Maria Montessori conseillait de remplacer le lit à barreaux par un matelas au sol (avec ou sans sommier), de préférence dans un coin de la pièce :
  • pour que l’enfant ait toute sa chambre en visuel.
  • et aussi car les bébés aiment se sentir contenus, blottis contre quelque chose. Dormir au milieu de la pièce ne leur conviendrait pas.

N’oublions pas les basiques

Les recommandations classiques sur les lits de bébés s’appliquent évidemment (tirées de « 100 façons de faire dormir votre enfant », d’Anne Bacus) :
  • un lieu d’intimité stable : le lit est un endroit où bébé veut se sentir chez lui. Votre enfant appréciera de se coucher tous les soirs au même endroit, et de retrouver ses propres affaires (ses trésors !). La constance de l’environnement participe au sentiment de sécurité du bébé au moment du coucher.
  • idéalement, la porte est visible depuis le lit : le besoin de contrôler son environnement passe par le fait de savoir qui entre dans sa chambre.
  • pour des raisons de confort et de sécurité, évitez de placer le lit sous une fenêtre ou contre un radiateur.

Confort thermique

Pour éviter de transmettre le froid et l’humidité du sol à votre enfant qui dort, il y a deux solutions principales :
  • un sommier proche du sol (c’est ce que nous avons adopté, voir la photo en début d’article), qui laisse circuler l’air entre le matelas et le sol
  • ou un futon sur tatami, comme recommandé sur le blog Minuscule Infini
[Petit aparté peau de mouton]
Cela n’a rien à voir avec le sujet du lit Montessori, mais nous avons posé une peau de mouton dans le lit de notre fille depuis sa naissance. Elle est douce, confortable, moelleuse et bébé s’endort dessus avec plaisir. La laine de mouton empêche toute concentration de poussière et donc le développement des acariens. De plus, elle a des propriétés thermo-régulatrices :
  • l’hiver, les fibres naturelles de la laine stockent la chaleur : bébé s’y sent toujours au chaud
  • l’été, la laine absorbe l’excès d’humidité de la sueur et l’élimine très rapidement. Elle permet la circulation de l’air en laissant donc bébé au sec, sans qu’il n’ait trop chaud.

[Fin de l’aparté]

En prévision des nuits agitées

Pour éviter que bébé se blesse en sortant du lit dans son sommeil, il y a aussi plusieurs solutions :
  • installer un grand matelas à côté du lit de bébé : c’est notre solution préférée pour allaiter et lire des livres avant le coucher
  • ou faire un tour de lit : quatre planches fixées ensemble, de préférence recouvertes d’un molleton pour adoucir les éventuels chocs. Sur le blog La vie Jolie Julie, une solution astucieuse permet à bébé de sortir facilement par un coin du lit : les planches sont raccourcies localement pour créer une ouverture.

Avantages et inconvénients du lit Montessori : notre témoignage

Dans l’idéal

Notre rêve sur le lit ouvert était le suivant :
  • le matin, si notre fille se réveille avant nous, elle peut jouer dans sa chambre tranquillement sans avoir besoin de nous appeler
  • le soir après le rituel, elle s’endort ou pas, mais au moins elle est autonome de faire ce qu’elle veut dans sa chambre, pendant que nous vaquons à nos occupations.
La situation rêvée du matin arrive parfois, mais pas encore celle du soir… Ne perdons pas espoir !
Par contre, nous avons découvert à l’usage d’autres avantages auparavant insoupçonnés.

La transition

Notre fille a dormi toute sa première année dans un berceau de cododo à côté de notre lit. Nous l’avons progressivement habituée à dormir les siestes dans sa chambre, dans le lit Montessori.
 
A un an, le berceau de cododo est devenu trop petit, nous avons donc décidé de la faire dormir dans sa chambre.
Nous l’avons prévenue 24 heures avant en lui expliquant la raison du changement de lit. La transition s’est bien passée, dans le sens où elle a dormi comme d’habitude : endormie au sein et 2 à 3 réveils par nuit (c’était avant nos recherches sur les méthodes bienveillantes pour la faire dormir toute la nuit).

Inconvénients du lit Montessori

Venir réveiller Maman et Papa : très rare

Le lendemain de la transition entre cododo et lit Montessori (un dimanche), elle s’est réveillée à 6 heures du matin, et est venu constater à grand bruit dans notre chambre que nous étions en train de dormir… Adorable !
 
Mais cet événement est resté exceptionnel : depuis elle reste dans sa chambre et nous appelle systématiquement quand elle a besoin de nous.

Tombant du lit en pleine nuit : très rare aussi

Les bébés ont un sommeil très agité, ils peuvent se déplacer d’au moins un mètre par nuit s’ils ne rencontrent pas de paroi. Notre fille est tombée une fois de son lit pendant son sommeil : une chute de 10 centimètres de haut qui nous a donné des remords, mais qui ne s’est pas reproduite.
 
 
Pendant quelques mois, nous avons placé un coussin d’allaitement comme barrière qu’elle peut franchir facilement si elle est réveillée. Puis nous avons oublié de placer le coussin, et elle n’a plus fait de chute.

Un coucher parfois long

C’est pour nous le principal inconvénient : le soir, elle peut se relever du lit et sortir du rituel à tout moment.

Nous lisons en général deux livres, assis tous les deux sur le matelas à côté de son lit, elle devant moi entre mes genoux. Si tout va bien, elle est dans de bonnes conditions pour dormir après (avec ou sans allaitement de sa Maman).

 
Mais si nous n’avons pas démarré le rituel au bon moment, ou si elle est un peu excitée, elle va se relever et vaquer à d’autres occupations, dans ou hors de sa chambre. Cela peut alors durer longtemps, et nous n’avons pas encore trouvé de méthode magique pour ce problème.

Avantages du lit Montessori

Pour les parents : pas besoin de se faire mal au dos

En vacances, notre fille dort souvent dans un lit parapluie, non ouvert. Donc nous avons pu tester l’équivalent d’un lit à barreaux : très crevant pour le dos de se pencher si bas !

Pour bébé et Maman : très pratique pour l’allaitement

Ma femme allaite notre fille, et elle apprécie particulièrement de pouvoir facilement la poser dans son lit à la fin de la tétée.

Notre fille aime tellement l’allaitement qu’il est très difficile de la décrocher. Elle s’est donc très longtemps endormie au sein. Malheureusement, elle se réveillait alors très souvent la nuit.

La solution a été d’appliquer la méthode Pantley (expliquée en détails dans notre guide gratuit) pour l’habituer à se rendormir de manière autonome et sans pleurs.

Pour l’enfant : le lit est un lieu accueillant

A chaque retour de vacances, notre fille retrouve son lit avec grand plaisir : elle fait la fête et câline son lit à chaque fois !

Nous sommes convaincus que l’absence de contrainte pour entrer ou sortir du lit y est pour beaucoup.

Au quotidien, elle n’aime pas du tout que je la pose dans son lit pour dormir : elle préfère décider toute seule quand elle y va. Quel bonheur, quand à la fin d’un livre, ma fille quitte mes genoux d’elle-même, s’allonge dans son lit et s’assoupit tout doucement…

Conclusion

Nous sommes très heureux de notre choix d’un lit Montessori par rapport au lit à barreaux.
Le coucher est parfois un peu trop long à notre goût, mais nous passons de très bons moments de complicité avec notre bébé.

En particulier, j’adore quand ma fille me fait un câlin avant d’aller s’endormir paisiblement dans son lit.

Et vous, quelles sont vos expériences de lits à barreaux ou Montessori ?

 

Emmanuel

Je suis fan de chocolat, de Jean-Jacques Goldman et de ballades en pleine nature.

J’adore aussi câliner ma fille et décortiquer les études scientifiques sur le sommeil bébé et le bonheur en famille.

Mais je n’ai encore rien trouvé sur comment le chocolat peut nous aider à devenir de meilleurs parents smile … aidez-moi !

 

 

 

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